Bonjour à tous et toutes,

Aujourd’hui nous vous partageons un article de Marcel Sauvage intitulé L’homme qui voulut voir le diable et que le diable a vu venir. Le Sabbat.

Cet article est tiré d’une chronique qu’il publia dans le journal L’intransigeant, du 12 au 28 Mars et dont voici le titre :

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Concernant l’auteur, nous vous invitons à lire la page wikipédia le concernant :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Sauvage

Ici commence l’article de Marcel Sauvage :

Rue Notre-Dame-des-Champs, à deux pas du boulevard Saint-Michel et du boulevard Montparnasse, un appartement tranquille où règne un clair obscur de circonstance.

M. Charles Lancelin, qui écrivit, entre autres études, ce curieux petit livre : Mes rapports avec le diable, coup de sonde dans le mystère, n’est ni un sorcier ni nn sataniste, comme on l’en accusa, mais un chercheur et un expérimentateur.

Aujourd’hui, c’est un aimable vieillard de 82 ans, que ses petits-enfants aiment d’autant plus, peut-être, qu’il est un peu sourd et qu’ils peuvent ainsi s’en donner à cœur joie. Malheureusement, il y a des choses qui demandent à être dites à voix basse, et j’ai dû les crier.

– Avez-vous vu le diable ?

– Comment ?…

– Je dis : a-vez-vous-vé-ri-ta-blement-vu-le-diable ?

Cette question, je vous l’assure, a une étrange résonance entre le passage de deux autobus.

M. Charles Lancelin eut un geste évasif.

– Qui sait ?… Une fois, un prêtre m’emmena du côté de Saint-Ouen, dans un terrain vague au milieu du quel se trouvait un tas de ruines, de gravats, d’ordures. En déplaçant quelques vieilles caisses, il dégagea une porte basse. Un petit escalier nous conduisit dans un souterrain en forme de chapelle. Il y avait là trois ou quatre personnes. Le prêtre, dont la voix était devenue méconnaissable, dit une messe étrange. Sur le côté de l’autel, tout à coup, une sorte de vapeur naquit spontanément dans l’air. Mais l’officiant eut beau insister, la forme diabolique ne se noua pas…

« Une autre fois, dans une assemblée spirite, comme nous appelions Satan, l’un de nous, dans l’ombre, murmura d’une voix blanche.: « On me passe un couteau sur la gorge. » « Attention, dis-je, ne bougez pas », et je fis la lumière. Ce n’était qu’une tentative de meurtre par une entité mauvaise du plan astral…

« A part cela, monsieur, qui est bien peu de chose, je n’ai jamais pu décider le diable à se montrer. Cependant. j’ai accepté toutes les invitations qu’on m’a faites. Je me suis prêté aux promesses les plus diverses, les plus folles. J’ai essayé toutes les formules. Eh bien, toutes ces expériences, destinées à élucider, par épreuve physique, à quoi s’en tenir sur l’existence du démon tel que le comprennent les religions occidentales, conduites par les procédés les plus différents, n’ont donné que des résultats nuis ou négatifs, du moins quant au but pour suivi…

– Alors, criai-je de nouveau, vous ne croyez plus au diable ?

– Non, c’est-à-dire, il existe encore deux formules que j’aurais bien voulu essayer, qui sont peut-être les bonnes, mais je suis trop vieux maintenant et je n’ai plus la force… La première, en langue arabe, exige, au minimum, quinze heures successives de contention d’esprit ; la seconde est une formule hébraïque basée sur le Mandeb, le miroir magique : elle est plus simple que la précédente, mais nécessite un médium spécial, difficile à se procurer en Europe… Et puis, non, s’il m’a vu venir, tant pis, mais je ne crois plus au diable… Je le nie au point de vue physiologie et je le nie au point de vue philosophie. Voilà…

Le diable serait-il mort ?

Il l’est, m’ont certifié quelques braves gens, du Périgord, à preuve le dicton de Montignac :

AI-BIGORD
LOU DIABLE EI MORT
A SENT PEYRE
LOU VAN VEYRE
A BRENAT
L’ON ENTERRAT.
C’est-à-dire : au château de Bigord-sur-Aubas le diable est mort ; à l’ancienne église de Saint-Pierre de Montignac on vint le voir ; à Brenac, sur la paroisse de Saint-Georges de Montignac, on l’enterra…

Le Frégoli, des ténèbres, hélas ! a plus d’un tour dans son sac. Le diable ressuscite, fait retour, disent les sorciers et les lucifériens, prêtres de l’Eglise démoniaque, à l’égal de Jésus, de Dieu, avec qui, ainsi qu’il est écrit au Livre de Job, il a engagé un pari qui n’a pas encore de solution.

Le sabbat

Old Nick, ainsi qu’on le nomme en Angleterre, ne nous a donc pas quittés. Je puis même vous confier qu’il mène toujours la danse, à la mi-nuit, là où sorciers et sorcières se réunissent : au sabbat.

Car le sabbat n’a pas cessé d’exister…

Dans la rade de Brest, il est une petite île abrupte, isolée au bout d’un promontoire… Les Bretons savent et affirment que tous les sorciers de la région s’y assemblent durant la nuit de Noël.

Et un vieil homme de Messy, en Haute-Savoie, m’a conté :

– Je n’y croyais pas. Eh bien, j’ai rencontré un jour un homme qui m’a, dit : « Tu n’y crois pas à la Goga ? Monte donc sur mon bâton. » Et le bâton nous porta aussitôt sur le haut du mont Mailly. Ah ! monsieur, j’ai vu des flammes, et dès sorcières et des sorciers qui dansaient, autour d’un grand feu…

Je n’invente rien.

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La petite église de Bagnot, dans la Côte-d’Or, est décorée d’un ensemble de fresques du XVe siècle représentent tous les aspects du diable dans ses diverses fonctions. On le voit ici en train de surveiller la marmite des damnés (Vous pouvez voir d’autres magnifiques photos de cette eglise en cliquant sur ce lien : https://vogage-roman-art.blogspot.fr/2011/11/les-diables-de-bagnot.html)

Toutefois, on ne saurait affirmer qu’il existe toujours un grand sabbat, lequel réunissait quatre fois l’an tous les sorciers et sorcières d’un Etat, ni le petit auquel étaient convoqués deux fois par semaine les initiés d’une même ville ou d’un même canton. Cependant, guidé par Jean Giono, un jour, je vous conduirai au  » Pardon des sorciers « , en Provence.

Lisez enfin ces quelques lignes de Stanislas de Guaita, extraites du Temple de Satan, et vous serez, j’espère, définitivement fixés : « Il est certain que des sorciers, en chair et en os, ont tenu, et tiennent encore des assemblées où se pratiquent tous les mystères d’ignominie. Nous en connaissons, pour notre part, qui fonctionnent régulièrement, en plein Paris et ailleurs. Nous nous portons témoin et garant de leur existence : témoin oculaire, garant écœuré. Mais ailleurs encore, il existe un autre sabbat plus formidable et plus occulte : le monde physique, matériel, apparent, n’est que l’envers grossier d’un monde plus subtil, tout aussi réel, si ce n’est bien d’avantage : le monde astral. Voilà le domaine où la sorcellerie déploie tous les délires de sa furibonde ivresse. »

Cela date évidemment de 1891. Après cela, néanmoins, ne vous étonnez plus aujourd’hui le Livre secret des grands exorcismes, de l’abbé Julio, prêtre interdit, se vende par nécessité, comme des petits pains… ni que les prêtres exorcistes, experts en démonologie – chaque évêque en conserve un auprès de lui – aient, en 1933, plus de travail que jamais, plus que les psychiatres, avec lesquels d’ailleurs ils travaillent, tel le Révérend Père J. de Tonquédec, du diocèse de Paris, avec le docteur Jean Vinchon.

Marcel Sauvage.

 

L’ouvrage Mes rapports avec le diable, coup de sonde dans le mystère est réédité depuis peu par les Editions Ether et Egregore au magnifique petit prix de 20€. De plus cette édition est LARGEMENT augmentée ! nous vous conseillons vivement de vous le procurer. De plus il ne reste que 13 exemplaires !

https://www.editions-ether-egregore.com/mes-rapports-avec-le-diable-charles-lancelin-f292336.html

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